La magie de la 15ème Nuit du Conte à Clans

La veille, attirés par l'humidité de l'air ambiant, des petits champignons poussent dans les rues du village. Leur présence guidera les voyageurs sur les lieux des histoires. La Nuit du Conte se met en marche. 
Dix heures sonnent au matin du premier Août. Matin pluvieux. Le ciel est blanc les cœurs sont tristes, les scènes de contes ne seront pas montées sur la place de la Frairie ni dans la descente de l'Escarouge. Les champignons auront amenés la pluie. Qu'à cela ne tienne, les esprits de la forêt prendront tout de même place sur les façades et les conteurs feront danser les mots dans les murs de la salle des fêtes et de la salle culturelle. (NLF N'KO rendent des contes aux esprits de la forêt)


Hauts les cœurs, la Nuit du Conte se prépare. Un an à l'avance, des mois et des mois de programmation, Ludmilla Giovanetti et Josette Combe parcourent les soirées et les spectacles à la recherche du talent. Quinze années que cette nuit nous fait rêver. Quinze années que nos oreilles chantent. Quinze années et plus de 150 conteurs ont foulé les ruelles pavées de ce village de la vallée de la Tinée.


Les conteurs sont tous arrivés. Fiona Mac Leond manque à l'appel, nous pensons très fort à elle et à sa jambe cassée. Gilles Bizouerne, Thérèse Canet, Eric Frèrejacques, Myriam Pellicane et Ludovic Souliman ouvrent le spectacle jeune public, un moment ou parents et enfants savourent le même instant et où l'on approche pour la première foi le conteur que l'on choisira cette nuit là. Car lors de la Nuit du Conte à Clans le programme est à la carte, les scènes se jumellent et les histoires traversent le temps jusqu'à l'heure ou normalement Morphée passe de maisons en maisons.


On marque une pose, on mange une crêpe, on bois un verre, on prend des forces pour la nuit qui tarde à tomber. Le ciel s'est éclairci et les passionnés d'histoires sont nombreux. Vingt heure va sonner et annoncer la scène ouverte où des conteurs venus d'ailleurs et des amateurs peuvent se succéder sur les planches. Chacune a pris sa petite histoire avec elle, cette année fut une scène ouverte où neuf conteuses nous ont fait rêver.


La Nuit du Conte peut commencer. Gilles Bizouerne nous fait du rentre dedans avec une menterie à dormir debout, toute la salle est à l'envers, nous perdons littéralement nos repères et rions à gorge déployée. Thérèse Canet nous récupère à la volée et nous plonge en poésie dans l’Occitanie et pendant ce temps, quelques mètres plus bas, Eric Frerejacques nous emmène dans les Bayous de Louisiane au rythme du Missippi et de son instrument de musique. 
Les heures passent mais nous sommes toujours en éveil. Avant de prolonger la nuitée quelques litres de soupe au pistou envahissent les tables de l'auberge du Conte. Préparée avec amour par les dames du village, la traditionnelle soupe au pistou signe la marque de fabrique de la Nuit du Conte de Clans. Sous le chapiteau c'est la ruée vers l'or, il faut prendre de l'énergie pour rester jusqu'à la dernière goute de conte, ne pas en perdre une miette. 
C'est au tour de Ludovic Souliman de nous rendre heureux puisque le bonheur est au centre des ses histoires, accompagné de son sanza il muscle nos zygomatiques. Et enfin, nombreux sont les téméraires restés jusqu'à la fin, à l'écoute de Myriam Pellicane dans sa tenue japonisante, avec ses histoires bouleversantes où les démons et les monstres célèbrent la nuit profonde. 
Bientôt sonne le glas de la vingt-sixième heures, nous partons nous coucher, veillés par un reste de lune bleue.

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